Retour aux pays des rois Nègres

En ce début  de siècle, la Guadeloupe est le département le plus criminogène de France. Au cours de l’année 2013, trente-neuf meurtres y furent recensés. Les règlements de compte sont nombreux, les meurtres sont la conséquence de bagarres entre voisins qui tournent mal ou de violences familiales qui dégénèrent. Par ailleurs, les braquages à main armée ont augmenté de 63% en un an. Conséquence, à partir de 18 heures, à Pointe-à-Pitre, personne ne sort et la ville devient quasiment déserte. Les dealers de cocaïne, les consommateurs de crack sont de plus en plus nombreux renforcent le sentiment d’insécurité.

Le chômage atteint en Guadeloupe un niveau très élevé puisqu’il touche 30% de la population et 60% des moins de 25 ans. Alors, pour avoir une activité, les jeunes jobbent… Et, pour ces héritiers de la culture de l’esclavage et de l’exploitation, jobber, c’est travailler au noir… C’est une solution pour lutter contre les prix de l’essence, de l’eau, des produits laitiers qui sont très élevés. Le conflit contre la vie chère de 2009 et les quarante-quatre jours de grève générale menée par le fameux LKP d’Elie Domota restent d’actualité.

Un fort sentiment d’abandon s’est installé sur l’archipel et laisse la sensation à la population qu’elle est livrée à elle-même.

Retour au pays des rois nègres est un exercice d’errance, une flânerie dans une région qui est un département d’Outre-mer mais qui se définit aussi comme un pays. Cependant, comment construire des caractéristiques communes qui unissent une population devenue guadeloupéenne pour l’exploitation, telle est la précarité de la Guadeloupe.

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